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Initiation à l'ART TOPIAIRE

Auteur : Frédéric CHEVALIER, Ajp.AIHy, secrétaire de l'Académie Royale Linnéenne et de Flore; Huy, 02/2020
avec addenda et commentaires de la rédaction INFO-AIHY du réseau des Ing. & Ajp.AIHy et du vice-président de l'Académie Royale Linnéenne et de Flore.

AVERTISSEMENT  -addendum-.
Un jardin à la française donc, par définition, hyper organisé dans ses perspectives géométriques génère comme toutes les œuvres d'Art une émotion plus ou moins ressentie selon le vécu de nos personnalités.
Cette architecture végétale reste  un exemple où l'intervention humaine régule à l'extrême le développement spontané dit 'naturel' de la végétation ornementale.
SVP. Ne cherchez pas dans cette dynamique anthropocentrique une régression colonialiste de dompter dame Nature. Si ces jardins qualifiés autrefois de Temple de la Raison restent magnifiques et respirent la santé au cours des siècles; c'est que ce monde végétal s'y est adapté et se sent en sécurité dans cette harmonie environnementale imposée, pour nous offrir ces plus beaux atouts. 
Depuis que les agronomes et biologistes (Wouter VAN HOVEN, 1984), comme Jack SCHULTZ et Ian T. BALWIN (Science 221, 1983) pour l’érable,  ont observé dès 1980 dans les forêts naturelles d’Acacias et d'Eucalyptus la lente mais efficace réaction systémique en chaîne de cette forêt à augmenter l'indigestion de ses succulentes feuilles gorgées d'huiles essentielles mais avec des toxines réactives de plus en plus indigestes (sauf pour le koala qui s'y est adapté).
Depuis R. KARBAN (2008), la recherche agronomique mondiale confirme les observations de communications du monde végétal (ERGO AB,2008). Les agronomes et forestiers se posent la question d'une sorte de 'conscience mutualisée de soi' d'une forêt primaire quand elle peut réagir collectivement, comme d’autres récentes études le démontrent déjà au niveau animal chez les ruches et les termitières.
Oui, les plantes (dont les arbres) communiquent entre-elles par un langage physico-chimique complexe, réactif et ‘conscient’ par au moins 2 techniques : par la voie aérienne (via leurs stomates) jusqu’à l’extérieur de leur zone de confort (poche de gaz de CO2 ou d’éthylène, pe) avec des composés organiques volatils (VOC) et, par la voie souterraine via leur énorme réseau radiculaire.
L’ingénieur forestier Peter WOHLLEBEN a largement vulgarisé cette interconnexion communicative qu’il assimile à un "réseau Internet végétal"  (surtout entre espèces communes et les plus anciennes dans leur milieu naturel primaire).
On peut donc raisonnablement penser que les arbres centenaires des parcs ont eu le temps d’établir aussi un réseau efficace qui les aident à inter-réagir aux prédateurs, à s’entraider en partageant des nutriments, à reconnaître et à protéger leur descendance et à avoir une conscience de soi de leur état végétatif et environnemental commun (si on leur en laisse le temps)…
Attention ! Loin des clichés simplistes à sensation, on ne peut pas soutenir scientifiquement (Pr Edward FARMER, 2014-6) que le monde végétal possède "un cerveau" ou tout système nerveux neuronal, même s’il possède bien une forme de ‘mémoire & apprentissage’ (Monica GAGLIANO, 2014) et des gènes de type GLR (Glutamate Receptor-Like)…
P. DOHMEN, MSc.Ing.AIHy ; ARLFl.be, Huy, 02/2020.

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Etudiants de l'Ecole Nationale du Paysage de et à Paris-VERSAILLES (niveau 6 et 7 du cadre européen des certifications)

Définition et origine 

L’art topiaire ou du paysage, du nom ‘toparia’ en latin, consiste à tailler des formes géométriques ou artistiques précises à l’aide d’un gabarit sculptural, sur les plantes qui s’y prêtent : arbustes, haies et massifs de sempervirentes (persistantes) comme le buis, le cyprès, l’if, le laurier à petites feuilles ou le lierre.
Cette technique remonte dans la nuit des temps. Une cinquantaine d’années av. J.C., le remarquable poète latin VIRGILE, au tout début du règne de l’empereur romain Auguste ainsi que PLINE le Jeune (61-113 pc) vantaient la beauté de l’art topiaire.
L’art topiaire arrive à son apogée classique dès les 16 et 17e siècles avec la création et l’aménagement des ‘jardins à la française’, dont le fameux parc de Versailles en est encore actuellement l’expression la plus parfaite grâce à sa remarquablement restauration. Notez que l’exposition du jardin et du château de Versailles ’ Versailles Revival’ qui se déroule jusqu’au 15/03/2020, vous fait revivre l’époque du Roi LOUIS XIV.
Dans la datathèque du site alumni AIHy.org vous en découvrirez une autre représentation avec les Jardins de SERICOURT du Nord Pas-de-Calais.

art90 topiaireorig2A Versailles, il y a de cela quelques années, les jardiniers du jardin ont décidé une première.
Reproduire en grandeur réelle une série de topiaires décrit dans la littérature du 17ème siècle. Ils se sont donc trouvés avec une trentaine de modèles dessinés à réintégrer au parc existant.
Les connaisseurs et lecteurs avisés de l’INFO-AIHy ont déjà trouvé l'endroit où ils se trouvent,

C'est bien à côté de l'allée des marmousets des vasques sur pied avec fontaine ont leur support entourés de "putti" (des bambins nus) ce qui a donné le nom à l'endroit.
C'est en contrebas du château dans la partie inclinée du jardin du côté opposé à l'Orangerie et à la pièce d'eau des suisses.

NDLR-AIHy : La galerie des Cotelle (oui, sans –s) dans l’aile nord ont permis de retrouver sur une vingtaine de toiles de Jean Cotelle, portraitiste du Roi Soleil Louis XIV.
On y voit distinctement des reproductions des jardins et des bosquets de Versailles en 1687. Et effectivement de nombreuses nymphes et putti y ont été retirés jusqu’en 1913.

Le SAVOIR-FAIRE

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Des topiaires en buis ou en if, pour être taillé correctement, le sont à partir de planche en bois découpée dans la forme ou utilisée comme génératrice de la forme extérieure à obtenir. Pour la taille des pierres pour les cathédrales on opérait de même.
Des planches était découpée suivant la forme à obtenir c'était le modèle qui était porté sur la pierre qui avait été préalablement dégrossie et taillé avec 2 faces parallèles.

Ici et au XIXe siècle c'est le végétal qui subit la taille à la serpette traditionnellement, puis à la cisaille et au sécateur. Maintenant dès le XXe on privilégie le taille haie électrique et autogène (à essence).
Sur des photos que j'ai trouvées sur le net l'on peut voir les modèles en multiplex qui sont utilisé pour donner la forme aux topiaires (voir ci-dessous).

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[ndlr. Ces images sont extraites du livre (Françoise ACAT, 1981) cité en référence ou du Net en Open Source]

Chose curieuse, dans plusieurs ouvrages de jardinage, l'on évoque un objet que l'on tient à la main et qui sert à donner une forme aux végétaux, ce qui n'est manifestement pas le cas (maque de précision et d’uniformité). Comme je viens de vous l'expliquer.
En fait cet objet, est un cadre avec des feuilles de carton que l'on glisse à l'intérieur et dans ces cartons sont dessinés des formes géométriques.
Cet objet est tenu à la main à 50 cm de ses yeux, un ou des aides se tiennent à une distance déterminée de l'observateur avec des perches, équipées de tasseaux munis de vis ou des pinces à linge qui permettent de les fixer sur la perche à un endroit indiqué.
Des tasseaux sont placés aux endroits choisis pour implanter des plateaux.
Des perches donnent les épaisseurs ou les pentes à matérialiser.
Ce travail exécuté l'on amène un aggloméré sur place et l'on le découpe de façon à obtenir le modèle, qui va servir à tailler le topiaire en question.
Garder précieusement ce modèle est un gage de sérénité et de durabilité pour les figures taillée.
Lorsque l'arbuste pousse trop, il reste possible de le remmener, par une taille de rajeunissement adapté dans le format défini.

Les exemples de modèles qui ont été perdus sont célèbres, faute de les avoirs conservés on a continué à tailler les pousses de l'année au petit bonheur. C'est ce que l'on peut voir à Levens hall en Angleterre dont les canevas originaux ont probablement été perdus.
Suivant la complexité du travail à exécuter et si les formes topiaires varient, il convient de vérifier l'harmonie de plusieurs ensemble de topiaires et des formes entre-elles avec le décor dans lequel ils s'insèrent. Un cadre à figure géométrique permet cette mise en situation.

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 A Versailles les formes rebondies des marmousets et des topiaires se répondent à l’unisson.
Un vrai travail d'artiste.
J'ajouterai pour bien me faire comprendre, que le dessin en perspective, ne suffit pas à lui seul, sauf à en construire des dizaines ; ce que le client peut difficilement admettre.
Autre remarque pourquoi ne pas remplacer le cadre par une tablette digitale transparente, avec un affichage de dessin ou de perspective, autoguidé à la demande, pour matérialiser une implantation et un dimensionnement des figures.
La méthode est aussi rapide que pratique, comme le font déjà des applications touristiques type Touristeye®, mTrip® ou encore World Travel Guide by Triposo® etc…

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Cet article est une INITIATION à l’art topiaire.
On espère vous donnez ainsi l’envie d’en savoir plus.
Il y a suffisamment de documentations disponibles dans les bibliothèques ‘papier’ ou virtuelles pour l’art topiaire.
Plusieurs images proposées ici par l’auteur à titre didactique proviennent de l’ouvrage référencés ci-dessous et probablement épuisée en librairie sauf pour ceux qui cherchent... Ndlr. ‘La Maison Rustique’ est actuellement une ‘collection’ dans le même esprit de vulgarisation pratique gérée par les éditions généralistes FLAMMARION.
ACAT Françoise, 1981, Haies vives Haies taillées, Edition la Maison Rustique, Collection Faire soi-même, 79 p, EAN13 : 9782706601309, (pour quelques euros).

art95 auteur ACAT

On vous rajoute en prime et au titre d’informations didactiques quelques images exhaustives.
Vous pouvez faire ’par vous-même’ mais, n’oubliez pas que gérer le monde végétal sur le long terme est un vrai « métier », assez physique et qui demande une formation paysagère et environnementale de plusieurs années avec son savoir-faire, la taille et l’outillage approprié.

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Supplément

A partir d’un courrier du paysagiste Frédéric CHEVALIER envoyé au Chroniqueur P. DOHMEN le 21/10/2019 ; Bruxelles.

« Autre remarque, l'on parle toujours de Versailles comme étant le fruit du Génie français.
Il ne faut pas oublier que ce génie Français est le résultat de l'incubation, longue et laborieuse (le joint-venture pour parler franglais)
Des grands créateurs italiens, accueillis à la cours de France par Catherine de Médicis, Marie de Médicis et François Premier ; c'est Léonard de Vinci, Le Bernin (l'auteur de la colonne de la basilique Saint Pierre au Vatican) et dans le domaine hydraulique c'est la Famille FRANCHINI, francisé en Francine.
Et le Comble absolu c'est RENQUIN SUALAM, un maître-charpentier Belge (un liégeois surdoué qui ne parlait que son patois wallon) qui a inventé et conçu ce chef d’œuvre de la machine de Marly, qui a permis à l'eau de la Seine d'alimenter toutes les fontaines de Versailles pendant 133 années (ndlr. avant d’être remplacée par une machine à vapeur en 1817. Rendons hommage aussi à son ingénieur ‘technicien’, ARNOLD de VILLE qui à su réaliser ses idées).

Bibliographie

  • ACAT Françoise. 1981. Haies vives Haies taillées, Edition la Maison Rustique, Collection Faire soi-même. 79 p.
  • BALDWIN Ian T., et Jack C. Schultz. 1983. « Rapid Changes in Tree Leaf Chemistry Induced by Damage: Evidence for Communication Between Plants ». Science 221 (4607) : 277‐79. https://doi.org/10.1126/science.221.4607.277.
  • ERGO A-B. 2008. L’étonnante conscience des plantes, l’effet Backster, INFO-AIHy n°119, 120. Disponible sur https://www.aihy.org/index.php/menu-biblio/cathistoscagro/44-art43backstereffect.html
  • FARMER Edward E. 2014. Leaf Defence. Oxford ; New York : Oxford University Press. Fowler, Simon V., et John H. Lawton. 1985. « Rapidly Induced Defenses and Talking Trees: The Devil’s Advocate Position ». The American Naturalist 126 (2) : 181‐95. https://doi.org/10.1086/284408.
  • GAGLIANO M, et al. 2014. L'expérience enseigne aux plantes à apprendre plus vite et à oublier plus lentement dans environnements où cela compte. Oecologia 175: 63-72. (DOI 10.1007 / s00442-013-2873-7)
  • GAGLIANO M & M Marder. 2019. Ce qu'une plante apprend. Le curieux cas de Mimosa pudica. Blog Botany ONE. Publié en août 2019 et disponible gratuitement ici https://www.botany.one/2019/08/08what-a-plant-learns-the-curious-case-of-mimosa-pudica/
  • KARBAN Richard. 2008. « Plant Behaviour and Communication ». Ecology Letters 11 (7) : 727‐39. https://doi.org/10.1111/j.1461-0248.2008.01183.x.
  • KARBAN Richard, et Ian T. Baldwin. 1997. Induced responses to herbivory. Interspecific interactions. Chicago : University of Chicago Press.
  • KARBAN Richard, Louie H. Yang, et Kyle F. Edwards. 2014. « Volatile Communication between Plants That Affects Herbivory: A Meta-Analysis ». Ecology Letters 17 (1) : 44‐52. https://doi.org/10.1111/ele.12205.
  • VAN HOVEN Wouter. 1984a. « Trees’ secret warning system against browsers ». Custos 13 (5) : 11‐16.
  • VAN HOVEN Wouter. 1984b. « Tannins and Digestibility in Greater Kudu ». Canadian Journal of Animal Science 64 (septembre) : 177‐78.
  • VAN HOVEN Wouter. 1991. « Mortalities in Kudu (Tragelaphus Strepsiceros) Populations Related to Chemical Defence in Trees ». Journal of African Zoology 105 : 141‐45.
  • WOHLLEBEN Peter. 2017. La vie secrète des arbres : ce qu’ils ressentent, comment ils communiquent. Traduit par Corinne Tresca. Paris : Ed. Les Arènes, Paris. 261 pages.

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